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A la conquête du Québec !

En mai, les apprentis de 2ème année de BTSA TC Agrofourniture sont partis à la découverte d’une culture cousine de la notre au Québec. Après 2 années d’actions pour collecter des fonds et la participation du CFA, ils ont pu aller appréhender la culture et l’agriculture locale. Voici un résumé de leur périple.

A la conquête du Québec !

Québec est une province en majorité francophone, riche d’une culture héritée de France et également d’Angleterre. Nous nous sommes sentis les bienvenues tant les québecois sont vrais (le vouvoiement n’existe pas ou très peu là bas et le tutoiement fait rapidement sauter des barrières - sociales, générationnelles...).
Chacune de nos visites, que nous soyons attendus ou non, a été marquée par la gentillesse et la disponibilité de nos hôtes et hôtesses. Cette facilité de contact nous a donc permis de découvrir les différents pans de l’agriculture québécoise notamment la région Montérégie surnommée parfois "Les Vergers du Québec" pour son activité maraîchère, arboricole surtout.

Le Mas des Patriotes – Viticulteur à St Blaise sur Richelieu

Le vignoble est né de la passion d’une criminologue et d’un homme d’affaires en informatique en 2002. Afin d’apprendre le métier de vigneron ils ont contactés un ingénieur agronome de Montréal. Il a pu les guider sur la plantation, le traitement, la récolte ainsi que la vinification. Aujourd’hui il propose quatre crus (rosé, blanc et deux rouges) récoltés sur 2 hectares soit environ 7 000 pieds. Les vins proposés par notre hôtesse présentent un nez très fruité (bleuets, fraises, cassis...) et une robe extrêmement foncée pour les 2 rouges dégustés (avec modération ça va de soi !).

La viticulture québécoise est assez jeune (30 ans) et les vins canadiens ne sont pas encore très réputés dans le pays. Le vins français demeurent, cocorico ! , les plus recherchés.
Ce que nous avons trouvé assez étonnant, c’est le fait que les vendanges soient effectuées par des bénévoles en contrepartie du repas et d’une ambiance familiale. Notre hôtesse, joliment prénommée France, nous évoque même des vignobles où les vendangeurs payent le droit de participer à cet événement. Une autre culture !



Au Gré des Champs – Polyculture élevage, fromagerie à St Jean sur Richelieu

Aux cœur des « Vergers du Québec », Suzanne et Daniel de la ferme du « Gré des champs » nous ont accueillis pour nous faire découvrir les fromages de leur production pour laquelle ils transforment l’intégralité du lait produit – environ 150000 litres à l’année. Leur ferme est un élevage de brunes suisses, Montbéliardes, Prim’Holstein et autres races locales, de 30 laitières productrices. Nous avons pu appréhender les contraintes d’une petite exploitation du Sud de Canada : le froid, le vent, la construction d’un réseau de commercialisation...Afin d’optimiser les ventes, ils s’inspirent des fromages français (St Marcellin notamment). Arrivés au moment de la distribution du foins, nous avons fait la connaissance des deux employés avec qui nous avons pu comparer les différences entre notre façon d’élever et la façon de faire au Québec. Une irréductible exploitation qui compte parmi les plus petite de la province et qui parvient à résister à l’envahisseur : l’agriculture intensive. Leur « petites parcelles » côtoient des parcelles carrées de plusieurs centaines d’hectares. Une autre dimension !


Érablière Charbonneau – Mont St Grégoire.

Véritable produit star au Québec, le sirop d’érable est le fruit du travail de la sève de l’arbre emblème du Canada. La production de sève est concentrée sur une période très courte de 2 mois en fin d’hiver au moment où la sève redescend vers les racines ; de petits trous sont percés dans le tronc et la sève est récoltée à l’aide de simples seaux. Mélangée à de l’eau bouillante - 40 litres d’eau pour 1 litre de sirop d’érable, la sève est chauffée durant des heures afin de séparer le sirop chargé en sucre de l’eau qui s’évapore. Elle est ensuite mise en bouteille.
Les érablières sont souvent accompagnées d’une « Cabane à Sucre ». Ce sont des restaurants très nombreux et réputés dans lequel les menus – que nous avons éprouvé, sont composés de plats typiques et locaux souvent à base de sirop d’érable. Un autre monde !

La gastronomie québécoise – Mont St Grégoire

La cabane à sucre de l’Érablière Charbonneau vit une période d’activité assez courte (mars-avril) mais excessivement intense. Le service s’y déroule tous les jours de 10h à 18h et les tables se dressent et se débarrassent à un rythme soutenu. Nous avons choisi de tester une cabane à sucre car les cabanes sont très typiques du Québec et de la région de Montréal. Tous les plats sont à volonté et ils s’enchaînent aussi sur un rythme (trop ?) rapide. A peine assis, on nous offre en jus de pomme maison des fruits du verger Charbonneau. Le repas débute ensuite par quelques entrées : soupe aux pois, pain, beurre et creton (similaires à nos grattons) et salade de choux. Quelques viandes plus tard (jambon, saucisse à l’érable, ragoût de boulettes de bœuf, tourtière à la viande) et deux ou trois accompagnements (patates bouillies et rôties, omelettes, fèves au lard), nous dégustons les desserts : tarte au sirop d’érable avec 100g de glucide pour une portion de ...100g. Et pour finir, un tire sur la neige : une louche de sirop d’érable tiède étalée sur une couche de neige pour refroidir puis enroulée autour d’un bâtonnet de bois. Voilà une sucette au sirop d’érable ! De belles découvertes qui sont tout de même restées un moment sur certains estomacs peu habitués à tant d’excès !

Concession John Deer Agritex – Saint Roch de l’Achigan

Non loin de Montréal, au milieu d’immense terres agricoles, dans le petit village de Saint Roch de l’Achigan, nous avons eu l’opportunité de visiter l’un des deux grands groupes John Deere qui recouvrent le secteur du Québec. Agritex, composé de ses douze bases propose à ses clients une gamme qui part du petit tracteur tondeuse, jusqu’au tracteur articulé de « 500 forces » comme ils peuvent dire en québecois. Sur leur parc, nous avons eu l’occasion de voir des moissonneuses batteuses qui sont équipées de cueilleur à maïs de 16 rangs ce qui est extrêmement rare dans notre agriculture européenne.
La visite menée par Cynthia, responsable des Ressource humaines nous à conduit à comprendre le fonctionnement des ouvriers avec leur heure de travail par semaine (40h) et leur système de vacances qui est très différent du notre. Un changement s’est fait ressentir dans le mode de vente dû au changement des clients. Les multiples clients qui étaient il y a quelques années des petits agriculteurs familiales sont aujourd’hui remplacés par des plus grosses structures avec à leur tête des vrais chefs d’entreprise.
Cette visite nous a permis d’apprécier des largeur de matériels que nous ne pouvons pas voir en France.

La culture québécoise – St Placide

Avant notre visite de la Ferme Blondin, nous nous sommes promenés dans les rues du village de St Placide jusqu’à la jetée au bord d’un lac du St Laurent. Des pompiers en exercice sont en train de remplir les cuves de leurs camions, des pêcheurs sortent un poisson inconnu et un cycliste nous aborde : « Je r’connais là l’accent français ! ». Le discussion s’engage et l’homme, féru du Tour de France, nous explique avec passion ses différentes venues en France et notamment autour des Alpes. Il s’en retourne ensuite attaquer la montée de la rue principale de St Placide....puis il revient quelques minutes après pour nous convier à une démonstration de danse québécoise à laquelle nous assistons volontiers. Certains ont même participé à l’événement. Ce fut l’occasion de se faire expliquer un pan de l’Histoire québécoise : la rébellion francophone et les patriotes.

Ferme Blondin – St Placide

Après s’être initiés à la danse québécoise, nous nous sommes rendus dans une des fermes les plus suivies au monde sur les réseaux sociaux. Avec plus de 600 animaux de race Prim’Holstein, ils effectuent la vente d’embryons dans le monde pour un prix moyen de 1000$.
Nicolas BLONDIN, fils du dirigeant, nous apprend que 75% des revenus de la ferme sont issus de la commercialisation des animaux où ¾ des ventes s’effectuent grâce à Internet et ½ grâce à Facebook.
Pour avoir la meilleure Prim’Holstein au monde, l’entreprise réalise un gros travail d’entretien : nettoyage des meilleures laitières au quotidien, paillage régulier... Pour cela, il y a 12 UTH au sein de l’exploitation. Le prix record pour la vente d’une laitière est de 400 000$ (350 000€) et pour la vente d’un embryon 2500$.
Afin de répondre aux dernières demandes des agriculteurs, l’entreprise réalise actuellement un bâtiment de 4900m² pouvant accueillir 240 laitières avec une nouvelle salle de traite pour assurer un confort supplémentaire.



Alpagas du Grand Saule – St Jean sur Richelieu

Pour nous rendre à notre visite au Alpagas-du-grand-saule à St-Blaise-sur-Richelieu, nous avons traversés les Jardins du Québec, zone de plaine céréalière autour de Montréal. Cette traversée nous à permis de découvrir un peu plus la typologie agricole local.
Arrivés à l’élevage, Sylvie, la maîtresse des lieux nous a fait découvrir son activité et nous a présenté le marché des alpagas au Québec. Cette exploitation vieille de 2 ans fait partie des plus petites avec 23 têtes. Au Québec il y a 50 élevages de 10 à 100 Alpagas pour les plus gros. Dans ce type d’activité, la finesse de la laine est le plus gros critère de qualité dont découle directement le prix de vente. En effet, un poil doit être le plus fins possible avec comme moyenne 12 microns. La revente des laines peut rapporter beaucoup d’argent : 350 à 400 Dollars les 100 grammes mais le travail est très minutieux pour nettoyer les fibres afin d’oter la paille, la terre...
Le prix des bêtes étant très élevés de 500 dollars pour un mauvaise bête à 3500 dollars pour les meilleures, l’éleveuse accorde une grande importance à la reproduction. Les mâles sont choisis avec grande attention en vu d’augmenter toujours un peu plus la qualité de la laine. A la fin de la visite nous avons pu découvrir les produits fini (Chaussettes, écharpes, bonnets, peluches...).

Meunierie JM Henri Inc – St Roch de l’Achigan

Sur le chemin du concessionnaire John Deer nous nous sommes arrêtés à l’improviste au sein d’une entreprise d’alimentation animale : JM Henri Incorporation, créée en 1959. Nous avons pu visiter l’usine en compagnie de Daniel Henri, vice président. Il fabrique 50 000 tonnes de moulées par an dont 50% pour la consommation de leurs animaux, le reste pour les animaux des voisins éleveurs.

La société JM Henri crée deux types d’alimentation : à destination des poulets de chairs et des porcs à l’engraissement. En effet, elle possède sept sites d’engraissement avec des bâtiments non visibles en France : des poulaillers sur deux à trois étages avec 38 000 animaux par étages ! Le système intensif du Canada est proche du français, cependant, leurs poulets doivent grossir plus dans un temps égal (2,2kg en 35 jours contre 1,7kg pour la filière française). Afin de réaliser des économies d’énergies du aux températures du Québec, l’usine a réalisé un bâtiment « test » en bois, à toit plat.



Montréal

Quoi de mieux pour occuper une journée pluvieuse qu’une promenade dans les rues parfaitement rectilignes de Montréal ? La ville offre d’innombrables possibilités shopping et notamment grâce à son « RÉSO », ces souterrains immenses qui s’étendent sur près de 32 kilomètres de tunnels pour une surface de 12km2, le tout sous terre !! Ce gigantesque parcours planqué sous nos pieds est le plus vaste du monde et propose des centaines de magasins, de restaurants, mais encore des banques, des hôtels, des sièges sociaux d’entreprises, des édifices universitaires, des résidences de luxe, ainsi que sept stations de métro et deux stations de trains de banlieue. Un immense divertissement dont on ne soupçonne absolument pas l’existence mais qui est réellement magnifique à découvrir.


Montréal, c’est également un quartier historique avec en son cœur la basilique Notre Dame, des rues piétonnes mêlant architecture moderne et ancienne.
Le Mont Royal, quant à lui propose la plus belle vue sur Montréal. Un parcours pédestre traversant des bois permet d’accéder au sommet de la colline et offre un panorama incroyable sur l’ensemble de la ville.
Montréal est à l’image de ces cités américaines, des buildings en son centre, des lignes droites, et un enchevêtrement de rues dans lesquelles il est facile de vite se perdre !
Enfin, la ville regorge de fast food/restaurants proposant le fameux plat traditionnel tant adulé par les Québécois : la poutine. Des frites nappées d’une sauce en fond de bœuf et servies accompagnées au choix de viandes diverses ou de poisson. Un met très simple en soit, mais terriblement goûteux... Il fallait y penser !

La ville de Québec et les Chutes de Montmorency

En route pour la plus ancienne ville d’Amérique du Nord, nous faisons halte aux Chutes de Montmorency. Un site exceptionnel qui nous laisse pantois face à la puissante de l’eau : des chutes moins larges mais plus hautes que celle du Niagara découvertes sous la pluie et observée à bord du funiculaire.
Une journée n’est pas suffisante pour découvrir la richesse de Québec. Sous une pluie battante, nous avons donc décidé de nous cantonner à l’aspect historique et au Vieux Québec.

Autour du Château de Frontenac, les rues piétonnes et commerçantes offrent un paysage typique, proche d’un vieux quartier français (Vieux Lyon par exemple). Sur les conseils d’un patriote québécois, nous assistons au Musée du Fort à une reconstitution, sur maquette et en sons et lumières, des différentes attaques des anglais pour conquérir Québec. Bien qu’enrichissante, cette visite de la ville sous la pluie a eu raison de notre enthousiasme et nous avons renoncé à passer la soirée à Québec pour rentrer sur Montréal et faire une partie des 3 heures de route de jour.



"Tout s’ouvre sur plus vaste que soi"

Un tel voyage, à l’approche des examens, permet de se ressourcer quelque peu tout en s’ouvrant sur une autre culture, d’autres modes de fonctionnement agricoles ou même humain. Certains des apprentis participants n’ont pas eu la chance de s’expatrier auparavant et cette expérience les aura enrichi. Le groupe est d’ailleurs rentré heureux, fatigués du décalage horaire et groggy de cette parenthèse enchantée. Mais le retour à la réalité s’impose et les consciences sont maintenant tournées vers les examens.

Résumé du voyage en vidéo



Article rédigé par les apprentis : Claire, Quentin², Florian, Baptiste et Bastien, et leurs formateurs Angélique et Sébastien.
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RDV sur la page FB du BTSA TC pour plus de photos